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J47 : lundi 28 juillet

Journée calme passée à préparer le départ. Je trie tranquillement mes affaires. Le sac de nourriture maintenant vide accueille la tente, le casque et la sacoche avec le matériel pour le vélo. Je garde avec moi une sacoche remplie de vêtements, le reste doit rentrer dans le sac que l’on m’a donné avec mon billet. En effet dans la limite de 23kg les bagages se paient au nombre, il est donc bien d’en avoir un seul.

A 14h je suis à l’aéroport. Je prépare le vélo en enlevant les pédales et en tournant le guidon, je remplis le sac où tout rentre facilement et je me présente à l’enregistrement. Sans problème. Pour le vélo on m’accompagne à un guichet. Mon vélo est parcouru par un détecteur manuel, il en sort une languette qui mise dans un ordinateur dit que mon vélo peut prendre l’avion car il ne porte pas de trac!e d’explosif. Le contrôle de police est rapide car dans cet aéroport régional ne transitent que des avions de tailles moyennes. Ici les files d’attentes sont inconnues.

Avec les derniers kilomètres de ce matin je termine ce voyage avec 2805km. En 46 jours de voyage j’ai été cycliste pendant 40 jours et j’ai pédalé 36 jours.

Malgré les conditions atmosphériques des deux premières semaines je garderai un bon souvenir de ce voyage. Les kilomètres parcourus m’ont montré des paysages variées et souvent très beaux. En Norvège les routes sont en bon état et les automobilistes y sont très respectueux des cyclistes. J’ai eu des problèmes avec les tunnels interdits aux vélos. J’ai quelques fois oublié l’interdiction, j’ai aussi fait du stop, pris un bus et utilisé les déviations proposées.

Les rencontres avec les Norvégiens n’ont pas ère nombreuses car ils vivent peu dehors. Mais chaque fois que j’ai demandé un renseignement ou frappé à une porte, j’ai reçu un accueil souriant et efficace.
J’ai rencontré quelques dizaines de cyclistes avec sacoches, la majorité roulait vers le nord. On a rarement dépassé des bonjours souriants, chacun est dans son voyage.

Mon avion prévu à 17h40 est retardé à 18h25 mais j’espère quand même dormir à Gap.

Depuis 2005 c’était mon cinquième voyage. En 10 ans j’ai parcouru un peu plus de 20 000km. J’ai pédalé jusqu’à Dakar, Jérusalem et le Cap Nord… J’ai aussi pédalé en Syrie, Turquie, Jordanie et cette année en Norvège.
J’ai fait pas mal d’efforts mais j’y ai trouvé beaucoup de plaisir, beaucoup de rencontres, beaucoup de variété et beaucoup de riches souvenirs.

Je souhaite à tous ceux, et celles, qui le peuvent de voyager à vélo. Comme l’écrivait Gilles sur la route de Dakar  » Partez… »

Stavenger. Lundi 28 juillet 2014.

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J46 : dimanche 27 juillet

A l’avant dernier camping à Liervik le gérant m’a fait modifier mon itinéraire car le ferry entre Skudeneshavn et Stavenger n’existe plus. Mais j’avais choisi cet itinéraire car il évitait deux grands tunnels sous la mer.

Départ tranquille sur la E39 qui me propose souvent une piste cyclable. 20km et j’arrive au ferry. 45 minutes d’attente car c’est dimanche et il y a moins de rotations. 30 minutes de navigation et je suis proche de Stavenger. 5km de plus et je vois l’indication tunnel. Longueur 5km, pente 7%, interdit aux vélos. Et pas de solution de repli.
Je tente le stop. En 45 minutes une seule voiture s’arrête, trop petite pour y mettre mon vélo.
A 200m de moi se trouve un arrêt de bus, je décidé d’y tenter ma chance. 20 minutes après un bus arrive et s’arrête. Le chauffeur qui ne parle pas anglais semble ne pas vouloir charger le vélo. Je montre le coffre du bus, explique par gestes que je peux enlever les bagages du vélo, montre le tunnel impossible pour moi… Il finit par se garer, mon vélo rapidement déchargé rentre dans le bus à la place réservée aux landeaux et c’est parti. Les deux tunnels sont impressionnants et descendent à une grande profondeur.
Lorsqu’il me laisse je décharge le vélo et cherche la direction de l’aéroport.

Deux cyclos du dimanche m’accompagnent un moment pour me mettre sur la bonne route. J’ai ensuite du mal car les informations que l’on me donne sont contradictoires. Un couple de piétons finit par me montrer un panneau avec l’indication aéroport. Je n’ai plus qu’à suivre un chemin balisé.
Il me reste 10km a faire lorsqu’il commence à pleuvoir. Je protège mes bagages, enfile mon Kway et décidé de continuer pour me mettre à l’abri à l’aéroport. J’y arrive bien mouillé pour me retrouver au milieu d’une foule qui part en vacances en tenue décontractée.

Je souffle quelques minutes avant de partir à la recherche d’un billet de retour. Je pensais rester un jour de plus plus aller au Petreskolen un belvédère superbe a 25km d’ici. Vu le temps je décidé d’annuler cette dernière balade piétonne…

Une vendeuse sympa finit par me trouver un billet pour demain, Stavenger Nice direct. Dans la limite de 23kg les bagages se paient, cher, au nombre mais elle me donne un immense sac au nom de la compagnie pour réduire ce nombre à 1.

Il pleut toujours. A l’extérieur je trouve un coin abrité pour nourrir le pédaleur que j’ai un peu oublié et qui est crevé. Les calories me remettent en forme.
L’idée de passer la nuit dans l’aéroport ne m’enchante pas. Je démarre après avoir remis ma tenue de pluie. Rapidement un panneau l’indique la présence d’un camping. Je fais un détour pour retourner à un supermarché ouvert repéré en venant. Il me faut du pain pour manger, pour le reste j’ai.

Camping sympa malgré le bruit des avions et des hélicoptères. Je monte ma tente entre deux averses, mange sérieusement et à 20h je dors.

J45 : Samedi 26 juillet

Slatevik. 111km en 7h15.

Je pensais arriver 10km plus loin en faisant 90km… L’erreur de 30km est due aux petites routes que j’ai empruntées pour éviter le grand tunnel sous la mer au sud de Liervik. Mes cartes n’ont pas d’indications de distances et l’appréciation des distances est difficile car ces petites routes sont beaucoup plus sinueuses que sur les cartes.

Mais ces petites routes sont agréables. C’est la Norvège profonde avec partout des habitations, même dans les coins les plus reculés. Sur les grandes routes j’ai souvent eu des pistes cyclables ce qui fait que la journée de vélo a été tranquille entre 7h et 17h.

Sur le ferry je suis allé dans la cabine de pilotage pour voir et discuter. Avec l’électronique tout a l’air facile. Le pilote tourne un bouton et le bateau tourne, sur un écran qui évolue en temps réel il voit tous les détails de la cote, les ilots, les récifs et la direction dans laquelle avance le bateau. En apparence le pilotage est un jeu d’enfant!

En Norvège les marins sont à la retraite à 60ans, les autres à 67 ans. Le pilote me dit  » les Norvégiens sont riches mais ils travaillent beaucoup ».
J’ai aussi discuté avec le gérant du camping. Il est ouvert pendant 4 mois et reçoit beaucoup d’allemands. Ensuite il pêche la morue d’octobre à mars. Il pêche au filet uniquement dans le fjord car l’hiver la mer est souvent dure. Il peut certaines années y avoir un peu de glace mais le bateau la brise facilement. Avec une joie évidente il m’a montré son vieux bateau construit en 1936.

Une journée bien remplie.
Ce soir je campe à nouveau au bord de la mer.

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J44 : vendredi 25 juillet

76km en 5h15. Total 2600.

Levé à 5h30 je démarre à 7h sous un ciel gris, dans le lointain le tonnerre gronde.

En quittant le camping je redescends vers l’entrée sud de Bergen. Lorsque je retrouve la route E39, elle est interdite aux cyclistes, mais une route parallèle me permet de la retrouver quelques kilomètres plus loin, autorisée aux cyclistes cette fois. Je ne la quitterais pas de la journée et sur la majeure partie du trajet elle sera doublée par une piste cyclable où je peux rouler tranquillement.

36km et je suis à Halhjem pour le ferry de la journée. C’est un gros, l’embarquement est rapide et le paiement se fait à bord. Aucun contrôle à la sortie. Pendant la traversée le bateau essuie un grain avec une pluie violente, la visibilité est presque nulle.

A l’arrivée la pluie est moins forte. Un local accueille les passagers en attente. Il est vide, je m’y réfugie pour manger et je fais durer le plaisir en me préparant un café.
La pluie s’apaise, je mettrais plusieurs fois mon kway sans jamais être réellement mouillé. Les kilomètres se succèdent, la visibilité s’améliore et à l’arrivée à Leirvik je retrouve même le soleil.

Le camping est un peu loin de la ville, perdu dans la campagne mais au bord de la mer. L’herbe y est épaisse, la nuit sera bonne.

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J43 : jeudi 24 juillet

53 km pour aller à Bergen, visiter la ville et revenir. Beaucoup de monde partout car à l’intérêt de la ville s’ajoute une rencontre internationale de vieux et gros voiliers. Les bateaux se visitent et des chorales de marins chantent sur des podiums. La foule applaudit.

Le marché aux poissons a perdu de son pittoresque. Plus d’étalages de poissons frais et variés où l’on pouvait même acheter de la baleine. Il n’y a plus que des restaurants qui proposent pour cher des repas de poissons et de crustacés avec en nouveauté le crabe royal. J’y ai pris mon repas de midi.

Demain je reprends la route pour les deux dernières étapes.

J42 : mercredi 23 juillet

Qaa 74km en 5h30. Total 2478km.

Départ à 7h dans la fraîcheur. Je quitte le camping à pied sur une petite route qui permet d’éviter trois courts tunnels interdits aux vélos. Je reviens sur la grande E39, passe sans problème un tunnel de 800m pour me retrouver quelques kilomètres après face à un tunnel de 4,8km interdit aux vélos. Aucune déviation ne semble possible, la circulation est faible. J’y vais.

En quinze minutes je traverse ce tunnel parfaitement éclairé. A la sortie je tombe sur un panneau indiquant la direction de Bergen pour les vélos. Un vrai plaisir. Vu l’orientation du panneau j’aurais du quitter la E39 15km après le ferry de Lavik pour me diriger vers la route 570. Ça évite tous les grands tunnels avec lesquels je me bâts depuis 100km.

Pour arriver à Knarvik il y a encore plusieurs tunnels et pour moi autant de déviations. Les petites routes sont agréables mais tourmentées, j’y retrouve les joies de la marche à pied.
A Knarvik un immense pont traverse le fjord. Avec beaucoup de plaisir je constate qu’il est agrémenté d’une piste cyclable qui me permet une traversée tranquille.

J’approche de Bergen, la deuxième ville de Norvège. Toutes les routes importantes sont interdites aux vélos. Ce que l’on me propose est très tourmenté, de colline en vallon et de vallon en colline, le long de la mer puis à l’intérieur. Les choix se font à la carte et au feeling. De temps en temps je demande ma route mais les résultats ne sont jamais terribles. Je franchis sans trop de mal un gros noeud autoroutier entre la E30 et la E 16 pour arriver sur une petite route où il y a pas mal de cyclistes. C’est bon signe. Sur la grande route que je longe je vois un panneau indiquant la route 580, celle qui passe devant le camping que je vise. J’y monte par un petit chemin, aucun panneau ne l’interdit aux cyclistes. Encore quelques kilomètres et j’arrive au camping.
C’est un peu une usine mais le coin réservé aux tentes est sympa, sur les rives d’un lac.

Repas. Tente. Douche et lessive puis 1h30 de sieste. Contrairement à hier je suis arrivé sans trop de fatigue. Très peu de photos, j’avais la tête occupée !

J41 : mardi 22 juillet

Journée très dure sur le vélo. Il a fait chaud, pas plus que d’habitude, mais ça s’ajoute au reste. J’ai eu quatre montées dures où j’ai mouillé fortement la chemise, mais j’ai surtout eu quatre tunnels interdits aux vélos.
Le premier était dangereux, 3,8km de descente à 8%. Je l’ai passé en faisant du stop, un fourgon après 40 minutes d’attente. Le suivant ne faisait que 400m, je l’ai passé à vélo sans rien dire à personne. Le troisième est a nouveau grand, 4km de montée à 8%. Une déviation est proposée, j’y fait 12km dont 5 de montée dure pour arriver à la sortie du tunnel. Le dernier plus petit ne me dévie que de 2km.
Parti à 8h je suis arrivé à l’étape à 17h après 81km en 6h30.
Le camping ne propose que des habitations. J’en ai loué une sans réfléchir au prix car je suis arrivé fatigué.
Mais après une bonne douche et un gros repas l’énergie revient.
Ce matin j’ai quand même eu 30minutes calmes sur un ferry.

J39 : dimanche 20 juillet

Encore une belle journée de vélo sous un ciel bleu. Nuit calme dans ma petite maison perdue dans la campagne. A 7h30 je suis sur le vélo. Une longue montée m’occupe pendant un peu plus d’une heure mais il fait frais et la montagne est belle. Une longue descente m’amène à Nordfjordeid qui précède de peu le ferry de la journée précédé par un tunnel de 2,8km. La suite est une longue promenade entre mer, lacs et montagne.

Après 84km en 5h50 je campe à Skei sur les rives d’un lac avec en face une montagne enneigée.

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J38 : samedi 19 juillet

Borkedal entre Golda et Nordfjordeid.
Superbe étape de 94km en 6h10 avec deux ferrys. Bonne nuit avec réveil à 6h sous un ciel totalement bleu. Il fait frais et à 7h je demarre avec une polaire. 28km et deux heures pour arriver au premier ferry. J’ai roulé sur la route 60, petite, approche de la mer et peu utilisée. Le cycliste tient la grande forme et avance bien.
Pour ce premier ferry pas d’attente, j’arrive, je paie et il demarre. En trente minutes il traverse un immense fjord qui s’enfonce profondément dans la Norvège. Une de ses branches est le fjord de Geiranger que l’on voit dans de nombreuses publicités pour la Norvège.
La route jusqu’à Osta suit les rives d’un fjord. Belle route avec des pentes calmes dans une bande agricole, au-dessus des forêts avec parfois de la neige et dans la mer des élevages de saumons.
Le deuxième ferry est rapide dans un cadre moins spectaculaire. Les 15km restants se font le long d’un fjord puis d’une rivière qui s’élargit souvent en lac.
A Borkedal ma carte indique un camping mais je ne le vois pas. Je m’avance dans le village et on m’en indique la direction. Pour voir l’indication camping il faut y arriver et il n’est pas au bord de la route! Pas de réception mais un panneau avec des clefs et le prix correspondant. Pour 25€ je suis logé dans une hytter, moins que pour une tente dans certains camping. J’ai vu un panneau indiquant Bergen à 307km…

J37 : vendredi 18 juillet

Je suis à Valle à 20km à l’est d’Alesund.

Après une nuit pluvieuse je me réveille vers 7h sous un ciel gris et chargé. Dehors tout est trempé, je décide de me préparer lentement pour voir l’évolution du temps. J’ai essuyé ma tente et un petit vent me permet vers 8h30 de plier une tente pratiquement sèche.

Départ 9h et c’est le ferry à 9h45. Mon dos semble aller, je fais attention à mes gestes mais lorsque je pédale ça va.

Sur le ferry je discute avec un jeune ingénieur norvégien qui travaille sur une plateforme pétrolière entre la Norvège et l’Écosse. Une heure d’hélicoptère pour aller au travail, 14 jours à raison de 12h chaque jours et ensuite 4 semaines à la maison.
Pour une fois la route qui passe d’un fjord à un autre a une pente régulière et calme, je monte tranquillement à 10km/h. Une longue descente me ramène au niveau de la mer. Ce nouveau fjord semble beau mais la grisaille et les nuages limitent la visibilité.

Quelques kilomètres au bord de l’eau et je m’arrête dans le deuxième camping rencontré. Je ne veux pas abuser de mon dos et j’ai trois jours de lessive en retard. Je trouve une hytter sympa qui va me permettre un bon repos.

Je n’ai pas encore vu de nuit. Lorsque je me couche le soleil brille et il est encore là lorsque je me réveille, même si c’est à trois heures du matin.

61km en 4h45 avec beaucoup de circulation sur la route.