Jour 24 dimanche 14 août

 

On est arrêté à Karavukovo après 87 km en 5 h 40.
On est installé dans un petit hôtel où personne ne parle une autre langue que le Serbe. J’ai négocié notre passage au téléphone avec quelqu’un qui parle anglais, peut-être la fille de notre hôte. Notre chambre a deux pièces pour 3000 dinars soit environ 25 euros. Le repas du soir avec une salade et du poisson et le petit déjeuner. J’écris après le souper, le poisson est un avant de sandre de 800 g que j’ai aussi négocié car ils voulaient nous préparer tout le poisson.
Nous sommes arrivés vers 15 h, il est maintenant 17 h et je viens de négocier le paiement en euros. C’est d’accord, mais connaître le taux de change est plus difficile, mais ça y est.
La journée de vélo a été exceptionnelle, nous avons vu moins de cinquante voitures. Nous avons roulé sur de très petites routes et sur la piste cyclable au sommet de la digue qui longe le Danube. Un grand plaisir de pédaler sans se soucier de ce qui arrive devant ou derrière.
En 90 km nous avons vu un seul vrai village avec un magasin. Les quelques autres sont des hameaux avec de temps en temps d’immenses bâtiments qui ont dû être des kolkhozes à une autre époque.
La campagne est riche et de grande agriculture, soja, maïs et tournesols se partagent l’espace en champs immenses. C’est une campagne totalement déserte, ni village ni habitant…
À midi nous avons mangé sur nos provisions en face de Vukovar. Les relations à avec la Croatie semblent se normaliser car il est indiqué qu’un bac permet de traverser le fleuve. Mais il n’y a pas trace d’un horaire ou d’un policier chargé de tamponner les passeports.
Nous venons de manger, !e poisson était du sandre, un régal !

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Jour 23 samedi 13 août

Jour 23 13 août

De Stari Slankame à Baska Palenka 90 km en 6 h 20.
Nous sommes à 1500 km à l’est de la France et notre heure en Serbie est celle de la France. Ici le soleil se lève donc très tôt. Ce matin pas de petit déjeuner avant 8 h, le réveil sonne donc à 7 h 30 sous un grand soleil. Nous discutons un moment avec un couple de jeunes français qui descendent le Danube. On échange quelques renseignements et quelques impressions mais il me semble que le ressenti dépend beaucoup de chacun car dans ce qu’ils disent j’ai du mal à retrouver mon vécu de 2007. Un bon moment quand même. Ils envisagent un voyage vers le Cap Nord et me questionnent sur mon expérience. Au passage notre demi pension nous a coûté 20 euros par personne, avec hier soir un sandre délicieux au menu.
Hier soir notre arrivée s’est faites en descente. Ce matin en repartant pour retrouver notre route, elle s’est transformée en montée ! 10 minutes de pédalage sérieux, mais la forme est là et je ne me rappelle même plus que par moment je suis asthmatique.
La matinée nous conduit à Novi Sad. Route contrastée avec une lente montée sur une petite route de campagne parfois pavée et une descente rapide sur une grande route à forte circulation. Nous retrouvons le Danube avec plaisir. Le pont qui le traverse est récent, sans doute reconstruit après la guerre qui a suivi l’éclatement de la Yougoslavie. Un resto face au fleuve nous sert notre repas de midi, une grosse salade composée pour chacun. La sortie de la ville se fait sur une belle piste cyclable qui se poursuit au sommet de la digue qui isole le fleuve. Mais lorsque le goudron disparaît nous décidons de retourner sur la route. Nous terminons la journée par 25 km d’une route assez fréquentée, mais dans l’ensemble les automobilistes sont calmés. Pas de difficulté pour trouver un hôtel en ville.
Une bonne journée où nous avons passé le cap des 1600 km.

Jour 22 vendredi 12 août

De Pencevo à Sgari Slankame. ( à mi chemin entre Belgrade et Novi Sad ). 76 km en 5 h 30.
Ce matin au réveil le soleil brille ! La température est fraîche mais on peut oublier l’épisode pluvieux d’hier. Petit déjeuner succinct sur nos provisions qui commencent à dater. Le pain en tranches est moisi, nous devons nous rabattre sur un vieux quignon et de la confiture.
Le départ se fait avec une veste polaire et c’est parti pour traverser Belgrade. 30 km très variés, des routes surchargées mais aussi une vraie piste cyclable après la traversée de la Sava, un affluent du Danube. Entre Pencevo et Belgrade nous roulons sur une 2×2 voies qui possède en plus une voie pour les bus où nous roulons en sécurité. Le pont sur le Danube est plus stressant car notre voie réservée n’existe plus, mais avec un peu de patience on finit par changer de rive. Dans Belgrade c’est un peu compliqué mais il me reste quelques souvenirs de mon passage en 2007 et nous trouvons la piste cyclable qui longe le Danube puis la Sava.
Le pont qui permet de traverser la Sava est devant nous, 20 m plus haut, mais un panneau d’Eurovelo 6 nous indique que la boîte vitrée que nous voyons accrochée au pont est un ascenseur à vélos ! Un homme commande la machine qui nous dépose sur la piste cyclable qui borde le pont. Nous traversons à pieds pour profiter de la vue. La sortie de la ville est plus calme que l’entrée mais la circulation reste intense et les vélos ne sont pas toujours respectés comme ils le méritent.
De toute la matinée nous n’avons mangé qu’un morceau de gâteau au  bord de la piste cyclable, c’est donc à 11 h 30 que se fait l’arrêt repas. Menu en serbe avec un serveur qui ne parle que cette langue. Le hasard faisant bien les choses, j’ai mangé une salade de chou et du porc grillé avec des frites.
Après midi un peu longue sur des routes de plus en plus petites et un vent de face tenace. Lorsque nous décidons d’arrêter, une descente sèche nous ramène sur les rives du fleuve où nous sommes logés pour  vingt euros dans de très bonnes conditions.

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sandre du fleuve
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notre hôtel

Jour 21 11 août

De Kovin à Pancevo. 42 km en 3 h 29 min
Petite étape pour cause de pluie. Hier soir nous avons eu un gros orage sur Kovin avec un beau son et lumière de tonnerres et d’éclairs. Ce matin au réveil le ciel est gris et le vent du nord ouest. Petit déjeuner continental bon et copieux à l’hôtel.
Départ tranquille car par rapport à hier la température a baissé de dix degrés, ce matin je roule avec une polaire ! Dans la campagne nous voyons de nombreux champs de tabac et dans les villages il y a des hangars, toujours situés en hauteur, et aux côtés faits de lattes de bois non jointives. Ces pièces fortement ventilées sont sans doute des séchoirs à tabac. Les villages sont toujours pimpants, l’herbe entre les maisons et la route est tondue. La circulation est calme, en Serbie des limitations de vitesse existent et elles semblent respectées. Contrairement à la Roumanie il n’y a pas de nouveaux riches qui roulent à grande vitesse dans de grosses voitures allemandes.
Vers 10 h notre situation s’est un peu compliquée car il a commencé à pleuvoir. Arrêt dans un abri. Redémarrage en tenue de pluie pour les cyclistes et mon vélo. Deuxième arrêt dans un bistrot. Nous nous contentons d’un café car le cuisinier ne commence qu’à 14 h ! Après 30 min nous décidons de continuer car la pluie continue tranquillement. Une piste cyclable modeste nous permet pendant quelques kilomètres de sortir de le circulation. À Pancevo nous laissons la rocade aux voitures et optons pour le centre ville.
Pour voir l’évolution du temps nous mangeons un plat de pâtes et buvons une bière. La situation n’évoluant pas nous décidons de dormir sur place.
Mon compteur indique 1460 km à la fin de notre troisième semaine de vélo. Ces sept derniers jours nous avons parcouru 540 km. À ce rythme nous serons à Budapest dans huit jours.

Jour 20 10 août

Bazias Covin. 92 km en 6 h 40.
Depuis la fin de matinée nous pédalons en Serbie. Le passage de la frontières s’est fait sans difficulté. Une dernière banque roumaine nous a permis de transformer en euros les leis roumaines que nous avions en trop et en Serbie ces euros et les leis restantes se sont transformés en florins serbes.
La circulation n’a jamais été intense. En Roumanie nous avons remonté une vallée très différente des rives du Danube. Une rivière avec un bon débit et du maïs un peu partout.
En Serbie c’est la même chose mais rapidement on sent que ce pays est en avance par rapport à celui que nous venons de quitter. Les maisons sont pimpantes et le premier bistrot où nous prenons une bière pour fêter ce passage est joliment aménagé.
La banque à laquelle je me suis adressé pour changer n’a pas réussi à remplir les papiers nécessaires. Je pense qu’elle n’arrivait pas à partir de mon passeport à remplir les cases de son ordinateur. Elle m’a rendu passeport et argent et m’a conduit dans la rue à la boutique d’un changeur privé qui a tout fait en une minute sans remplir le moindre papier. Bureaucratie quand tu nous tiens…
Nous avons en Serbie trouvé les premiers panneaux Eurovelo 6. En suivant leurs indications nous avons fait 20 km sur une digue le long du Danube. Un peu éprouvant pour les fesses mais nous avons vu des dizaines de hérons, des centaines de cormorans et sans doute des milliers d’oiseaux.
Nous sommes dans un hôtel chic, il aurait sans doute fallu négocier le prix, mais c’est difficile quand on arrive dans un pays. Il faut s’habituer à la monnaie, aux habitudes, aux prix… On fera mieux demain après avoir dépassé Belgrade

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Jour 19 mardi 9 août

Berzasca  Bazias. 62 km en 4 h 3 min.
Nous sommes à la sortie des Portes de Fer et devant nous il y a un crochet de 50 km pour aller passer un poste frontière et revenir au Danube. Crochet sans hébergement annoncé. Comme hier nous sommes logés au ras du fleuve sans climatisation et avec des douches communes, mais notre chambre au premier étage donne directement sur le Danube.
Ce matin le départ s’est fait calmement vers 9 h. Le petit déjeuner commandé pour 7 h 30 n’est arrivé qu’à 8 h. Nous avons eu le temps de discuter avec deux cyclistes, père et fille, partis de Ruse ils pensent pédaler jusqu’en Alsace. Nous les avons revus dans la matinée mais ils pédalaient beaucoup plus vite que nous et l’horizon les a avalés !
Une banque m’a permis de changer les leis que nous avions en trop. Avec un taux correct j’ai récupéré des euros, sans signature ni papier écrit…
Cette étape est la plus rapide de notre voyage. Sur une route quasiment horizontale et bien revêtue, avec un léger vent arrière, notre moyenne dépasse légèrement les 16 km/h.
C’est avec un peu de nostalgie que de l’autre côté du fleuve je vois la route serbe sur laquelle j’ai roulé en 2007 en route vers Jérusalem. J’ai reconnu le camping et le château qui se trouve à l’entrée des Portes de Fer.
Demain nous roulons en Serbie.

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jour 18 lundi 8 août

Journée fraîche car le ciel est resté couvert tout le jour. C’est un peu dommage pour les paysages des Portes de Fer, mais comme on n’y peut rien…
Tout le jour sur la rive en face j’ai revu mon itinéraire de 2007 en direction de Jérusalem. Beaucoup de tunnels et de montées.
Pour nous le début a aussi été difficile avec à la sortie d’Orsova une montée de 2,5 km qui a demandé 25 min… Un peu plus loin une autre montée aura des pentes moins difficiles. Le départ a aussi été difficile faute d’un vrai petit déjeuner. À 7 h tout est fermé et c’est finalement la pâtisserie où sont garés nos vélos qui pourvoit à notre nourriture matinale. Bonjour la diététique !
C’est une belle journée de vélo sur une route souvent très proche de l’eau. Sans soleil les paysages sont un peu gris mais l’immensité du fleuve frontière reste là. La navigation est peu importante, depuis ce matin nous avons vu deux bateaux de touristes et 3 ou 4 convois de marchandises.
Nos jambes se souviennent des 7 heures passées sur le vélo hier, mais elles restent en forme et travaillent avec beaucoup de bonne volonté.
d’Orsova à Berzasca nous avons parcouru 75 km en 5 h 25 min.

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Jour 17 dimanche 7 août

99 km en 7 h et 5 minutes. Pour raccourcir une étape qui s’annonçait longue nous avons décidé de couper quelques boucles du Danube. Une route en chantier nous a un peu déviés mais en demandant on s’en est sorti. Belle campagne, de beaux points de vue sur le fleuve et à 13 h nous avons retrouvé la grande route qui vient directement de Calafat. La circulation y est intense avec beaucoup de camions.
Arrivés à Dobreta Turnu il n’est pas tard et nous décidons de continuer 7 km jusqu’à Gura Vali où un hôtel nous attend. Lorsque mon compteur indique 81 km nous sommes devant un motel que son gardien nous annonce fermé !
Orsova est à 16 km, la route est étroite et surchargée et un vent violent souffle face à nous. C’est l’entrée dans les Portes de Fer où le Danube traverse les Carpates. C’est très beau mais nous n’en profitons pas beaucoup. Il nous faudra 1 h 30 pour faire 16 km! Nous marquons plusieurs arrêts car la conduite est stressante avec le vent et les camions. Quand notre route est exposee au vent notre vitesse est de l’ordre de 7 km/h!
Arrivés à Orsova la première pension est complète et me dit que c’est complet partout… La seconde est aussi complète. Pour arriver à l’hôtel suivant il faut prendre la route qui commence à monter, mais miracle il y a une chambre pour nous.
Après une douche, une bière et un repas la vie est belle même si les jambes sont un peu dures.

 7 aout (2) 7 aout (1)Hier soir vers 18 h une famille roumaine nous a invités à partager son repas. Très proche de celui de Morighiol après la partie de pêche à la perche. On commence par une soupe de légumes enrichie de poissons. Un peu difficile à manger mais très bon. On continue ensuite par une polenta servie avec des filets de poissons, des piments et une sauce à l’ail. Une heure plus tard lorsque le repas commandé nous a été servi notre faim n’était pas féroce, mais d’autres voisins de table nous ont offert un demi verre d’eau de vie de prunes, ce qui en Roumanie ouvre l’appétit ! Et le tout sur une terrasse qui domine le Danube. Comme toute la terrasse nous avons aussi eu droit à un petit verre de vodka de la part d’une fille qui enterrait sa vie de jeune fille avec ses copines. Une belle soirée dans la Roumanie profonde.

jour 16 samedi 6 août

Calafat. Grua ( à mi chemin entre Calafat et Dobreta Turnu )
Grua est un petit village roumain, mon guide y indiquait une possibilité de logement. En demandant une dame noire à dit au bout de la route à droite. Après une raide descente et un bout de mauvaise route nous sommes arrivés à un hôtel situéà 50 m du Danube avec une terrasse qui donne directement sur le fleuve. Un petit coin de paradis. Une bière, une douche et une lessive plus tard et je suis en train d’écrire face au fleuve.
L’étape du jour était prévue courte, donc réveil à 7 h 30. Le petit déjeuner de l’hôtel est copieux, bon pour des cyclistes. Les trente premiers kilomètres se font sur de grandes routes où la circulation est importante. Un pont récent assure la traversée d’une autoroute et d’une voie de chemin de fer. Nous croisons de nombreux camions qui vont en Bulgarie. Ce soir l’autre rive du Danube est serbe. Sur le fleuve il y a un bateau de temps en temps dont un bateau de tourisme. Le vélo a été facile malgré quelques côtes, la chaleur et un vent souvent défavorable.
Demain Dobreta et ensuite les Portes de Fer. On va pédaler sur les rives du Danube. On a vu cinq cyclistes avec sacoches.

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jour 15 vendredi 5 août

101 km en 6 h. Une belle étape où nous avons aussi franchi le cap des 1000 km.

Étape plate et vent favorable ont facilité les choses.
Ce matin un couple de Suisses partaient en même temps que nous mais en direction de la Bulgarie. Sur la route nous avons croisé plusieurs cyclistes, mais tous descendaient le Danube.
Dans les villages traversés les Roms semblent nombreux. Hier soir nous avons discuté avec une conseillère municipale proche de Lyon. Elle participe à un échange dans le cadre d’un jumelage. Pour elle les Roms sont nombreux dans la région et possèdent la majorité des belles et grandes maisons que nous voyons. Ici comme ailleurs ils sont aussi rejetés. À midi j’ai encore utilisé mon espagnol pour échanger avec un jeune qui travaille dans la région de Grenade. Chez les autres qui étaient avec lui on sentait une vraie frustration de ne pas pouvoir participer à l’échange.
Le vélo s’est bien passé entre 7 h 20 et 15 h. Les cyclistes sentent la forme arriver, c’est peut-être normal après 1000 km. Nous avons très peu vu le fleuve, par contre la campagne et les villages sont jolis. Les maisons traditionnelles ont du caractère et si certaines tombent en ruines, beaucoup sont en bon état ou en cours de rénovation.
Ce soir notre hôtel à Calafat est immense et la chambre bien climatisée. Dans la journée il fait chaud mais guère plus de trente degrés. Avec beaucoup d’eau on peut avancer sans problème.
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